Photos de Michel-Marie Solito de Solis

Hautes fagnes

21 photos

  

Quelques photos des Hautes Fagnes, au Mont Rigi, près de Malmédy, prises un dimanche de décembre 2008 par un beau temps ensoleillé avec un ciel on ne peut plus riche en ozone.

Ce paysage ouvert a été créé par l'homme sinon la région serait naturellement boisée à plus de 98%. L’action de l’homme depuis des siècles a consisté à déboiser, pâturer, cultiver de petites surfaces et drainer les tourbières pour exploiter la tourbe. Ces pratiques lentes et extensives ont encouragé l’installation de milieux de type lande d’un très grand intérêt biologique mais dits semi-naturels car on excluaient toute introduction de fertilisants mais que l’arrêt des pratiques agropastorales entraîne inévitablement leur disparition par reboisement naturel. Ce sont ces biotopes semi-naturels et quelques fragments de tourbières malheureusement dégradés qui ont justifié la mise en réserve naturelle. On y trouve une faune et une flore spécifiques des milieux humides et très acides. La dénomination “naturelle” est donc trompeuse. Mais ne l’est-elle pas aussi à l’échelle du globe puisque la pollution atmosphérique induit partout des retombées nocives. Ainsi, même dans le cas des tourbières les moins dégradées des Hautes-Fagnes, les apports d’azote, 7 à 10 fois supérieurs à ce qu’ils étaient avant l’ère industrielle, ont entraîné une diminution dramatique de la biodiversité des micro-organismes (algues, protistes,...). Du reste, aucun scientifique ne songerait à qualifier de naturelles ces immensités couvertes de molinie, graminée qui donne à la Réserve des Hautes-Fagnes ses belles couleurs et ses allures de savane herbeuse si appréciées du public!

Parlons en, du public: quelques 500000 personnes envahissent annuellement la région au moindre rayon de soleil, au moindre flocon de neige... Des centaines de promeneurs s'y sentent comme sur un marché... gesticulant et braillant, enfants dans des poussettes et vieillards brinquebalants. Une nature tellement lointaine de ce qu'elle fut mais qui est de l'ordre de la découverte snobinarde et un rien bobo. Il importe donc d’instruire ces foules sur la nature de ce qui les entoure et sur les immenses efforts de gestion visant à redonner vie aux milieux naturels initiaux tout en permettant leur découverte par tout un chacun. Et de souligner ce qui n’est sans doute une évidence que pour les scientifiques: nous travaillons pour les générations futures car la Nature va à son rythme...

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